Introduction par M. Pierre Erwes

Bienvenue dans cette première édition de Blue Innovation qui, je l’espère, vous permettra de mieux comprendre notre économie bleue, en vous inspirant, en décryptant ce que nos chercheurs et industriels préparent pour les années qui viennent. Nous essaierons de partager avec vous ces conquêtes du quotidien qui feront que, demain, nous traiterons la plupart des maladies, nous offrirons une alimentation équilibrée pour tous, nous proposerons un mix énergétique adapté à toutes les sociétés, nous améliorerons les conditions de vie dans les grandes mégapoles, sur les côtes ou au large sur nos cités flottantes.

Car avant tout, la révolution bleue n’est pas médiatique, elle est l’œuvre de millions d’anonymes qui au quotidien cultivent des champs d’algues en Indonésie, élèvent des concombres de mer au Mexique, des étoiles de mer au Québec, ou des crabes en Alaska. Fermiers, techniciens, ingénieurs, investisseurs et politiciens préparent ce changement sociétal qui va bien au-delà de ce que vous imaginez.

Nous parlons de ces biomolécules et de ces neuropeptides qui permettent de réduire considérablement les métastases, de ce collagène qui, en combinaison avec d’autres ingrédients, remplacera nos cornées et permettra la reconstitution de la peau pour les grands brûlés ; de ces algues qui entrent déjà dans la composition de la nourriture que l’on donne aux poissons, au bétail, afin de réduire les antibiotiques tout en assurant la bonne quantité d’oméga 3 et 6 ; de ces microalgues qui commencent à remplacer la protéine animale dans certains aliments transformés, ou de ces biomatériaux et bioplastiques dont 25 % seront aussi issus des algues, des carapaces de crustacés ou d’insectes ou bien d’écailles de poissons.

Alors que monsieur Hulot quitte le navire bien avant que l’orchestre n’ait fini de jouer, je voulais rassurer nos lecteurs en apportant une note optimiste aux relations souvent complexes entre nos industriels, nos politiciens et notre société civile dans le cadre de notre économie bleue.

La plupart des industriels de ce secteur sont de petites, voire de toutes petites entreprises innovantes dont les règles éthiques correspondent aux valeurs en pleine évolution de nos sociétés. De nombreuses productions sont issues de coopératives responsables qui entretiennent et gèrent le patrimoine marin. La majorité des produits alimentaires font l’objet de contrôles beaucoup plus stricts, car ils proviennent d’un environnement fragile où la moindre trace de contamination peut avoir un effet dévastateur.

Que dire de notre société qui devient mature sur les questions environnementales ? L’accès à l’information est immédiat et sans appel. Il donne le vrai pouvoir au consommateur qui décide s’il préfère un saumon élevé sur terre aux farines animales, ou un steak de saumon reconstitué à partir de microalgues 100 % pures et naturelles. Cette croissance bleue est aussi un véritable cadeau aux pays en développement qui bénéficient de tous les ingrédients pour le développement d’une nouvelle économie solidaire et durable.

Enfin, je ne cesse de m’émerveiller devant l’action engagée de cette génération de jeunes politiciens qui se sont emparés de la croissance bleue et qui surfent sur une déferlante créant emplois et infrastructures pour les futures générations.

Ce vent du large qui nous amène pluie et nuages est un véritable vent d’espoir. Il convient de ne pas sauter dans le canot de sauvetage à la première vaguelette !

Aux rames citoyennes !

Pierre Erwes

Président de Biomarine.

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