Monaco : la passion des mers

Pourriez-vous nous présenter le projet soutenu par votre Fondation auquel vous tenez le plus actuellement ?

Il n’y a pas un projet auquel je tienne le plus, mais je suis heureux de la place prépondérante qu’a prise ma Fondation dans le concert des ONG environnementales, aussi bien au niveau du lobbying qu’il est toujours nécessaire de faire que sur certaines actions internationales. En douze ans, l’implication de ma Fondation, aux côtés de ses partenaires, a notamment permis d’agir pour préserver des espèces en voie de disparition comme le thon rouge et le phoque moine, pour rester dans l’écosystème marin ; de faire avancer la connaissance scientifique sur les questions climatiques ; de préserver et de restaurer des écosystèmes fragiles à la fois sur terre et en mer ; mais également de faire avancer les négociations internationales sur l’environnement. Enfin, la transition vers une économie décarbonée est également au cœur des préoccupations de la Fondation. Nous soutenons ainsi plusieurs projets de terrain à travers le monde favorisant l’utilisation d’énergies renouvelables.

Enfin, quels sont selon vous les trois enjeux majeurs que l’humanité aura à relever dans les dix prochaines années ?

L’humanité devra affronter les effets ravageurs du changement climatique si nous ne parvenons pas à inverser les prévisions des scientifiques. Le dérèglement du climat aura des conséquences à l’échelle de la planète, entraînant la disparition d’îles, de villes, voire de pays. Les migrations environnementales seront de plus en plus importantes et la question des réfugiés climatiques sera alors au cœur des préoccupations. Les épisodes climatiques dévastateurs se font déjà de plus en plus nombreux.

Un autre enjeu majeur relève de l’épuisement de nos ressources naturelles. Chaque année, le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt. Au 1er août dernier, nous avions déjà épuisé tout ce que la Terre est capable de produire en une année. Nos modes de vie actuels imposent de trop gros sacrifices à la nature, il est primordial de nous tourner vers des économies durables, innovantes et plus équitables, capables de nourrir une population mondiale en forte croissance, sans dévaster les écosystèmes. Enfin, les menaces qui pèsent sur la santé de l’océan, entraînant son altération et une perte de sa biodiversité, exigent une grande vigilance. Les activités humaines mettent en péril la planète. Un défi que nous devons relever ensemble est celui d’éveiller les consciences, pour poser les bases solides d’une nouvelle humanité qui aurait appris de nos erreurs passées. Au fond, c’est peut-être cet enjeu qui sera déterminant pour ces dix prochaines années : parvenir à ancrer la préservation de la planète comme l’un des piliers fondateurs de nos sociétés. Les jeunes générations doivent s’emparer de la question, avec une vision nouvelle et plus juste. Je place beaucoup d’espoir dans leur capacité à y parvenir.

Légende de la photo ci-dessus : Le 27 juillet 2017, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a donné le coup d’envoi de la campagne « Monaco Explorations ». 120 ans après son trisaïeul, Albert 1er, le souverain monégasque renoue avec les explorations scientifiques maritimes. Cette campagne scientifique à bord du Yersin durera 3 ans (2017-2020) et fera le tour du monde, permettant l’étude de la biodiversité marine, la mise en oeuvre de programmes de protection et une intense campagne de médiation pour sensibiliser aux enjeux de la préservation des mers et des océans. (© Monaco Explorations).

S.A.S. le prince Albert II de Monaco

Ajouter un commentaire